Psychothérapie, Psychanalyse, Hypnose, EMDR-DMS : Définitions

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Psychothérapie, Psychanalyse, Hypnose, EMDR-DMS : Définitions

Message par Admin le Lun 16 Fév - 17:48

Je vais tenter ici de répondre le plus simplement possible à la question que se posent certain(e)s sur la signification de : psychothérapie, psychanalyse, hypnose, EMDR ou DMS, etc.



Les «psychothérapeutes» sont des professionnels qui ont pour vocation de soigner les souffrances affectives et psychiques des personnes, sachant que ne peuvent officiellement se déclarer « psychothérapeutes » que : les psychologues, les psychiatres, et les professionnels ayant suivi une formation en psychothérapie agrée par la DDASS. Les infirmiers exerçant dans les CMP sont souvent abusivement assimilés à des thérapeutes, essentiellement pour des raisons économiques sans doute.

La très grande majorité des psychiatres n’ont cependant aucune formation spécifique en psychothérapie, pas plus que la plupart des psychologues d’ailleurs. Ce sera leur éthique, leurs formations, leurs engagements personnels et enfin leur pratique professionnelle quotidienne qui fera d’eux, ou d’elles, des psychothérapeutes dans le plein sens du terme.



Les « psychanalystes » quant à eux, se réfèrent d’une part à une théorie qui est celle élaborée initialement par Sigmund Freud, puis par Mélanie Klein, et surtout Jacques Lacan en France, dont la référence est omniprésente dans la culture psy à la française. Ils se disent pour la plupart affiliés à une certaine école de pensée psychanalytique, dont chacune revendique (comme en religion) la connaissance de la vraie théorie et de la bonne pratique.

Concernant le divan, l’on observe aussi que beaucoup de psychanalystes à la pensée limitée, s’évertuent à cantonner la théorie et la pratique psychanalytique à la seule exigence que le patient s’allonge sur un divan.

Rappelons que Freud a institué cette pratique du divan (avec le thérapeute hors du regard du patient), essentiellement pour lui-même ; car il ne supportait plus d’être être regardé à longueur de journée par ses patients.

C’est ensuite en grande partie grâce à Mélanie Klein (qui a beaucoup inspiré Françoise Dolto), puis à Winnicott, que la psychanalyse des enfants s’est constituée ses lettres de noblesse.

Hormis des batailles homériques entre Anna Freud et Mélanie Klein par la suite (concernant notamment la technique et la méthode d’interprétation), personne aujourd’hui n’oserait dire que la psychanalyse des enfants n’existe pas, sous prétexte que ces derniers dessinent, jouent et parlent au thérapeute psychanalyste, sans être allongés sur un divan. 

Le divan n’est ni la prérogative des psychanalystes, ni forcément nécessaire pour parler d’orientation psychanalytique. 

D’autant plus que certaines personnes vivent très mal le silence obstiné des psychanalystes lacaniens (silence méprisant, qui n’était pourtant pas la pratique de Winnicott) et qu’il serait malvenu et déplacé de demander à des personnes ayant subi des maltraitances sexuelles, de se livrer ainsi sans défenses au regard du psy. 
Même pour des séances d’hypnose, il faut parfois de très nombreuses séances de thérapie en face à face, avant de convaincre une personne ayant été abusée, de s’allonger sur un divan.

La psychanalyse est avant tout un cadre de théorisation et de référence pragmatique, très utile dans certaines circonstances (notamment chez les enfants), avant que d’être une idéologie sectaire, telle qu’elle est malheureusement devenue en France.

La France est actuellement le seul pays au monde dans lequel la psychanalyse (Lacanienne ou Freudienne) a pour ainsi dire le monopole du soin et de la pensée unique. 

Tous les Centres Médico Psycho Pédagogique (CMPP) se réfèrent goulûment de la psychanalyse, au point de négliger totalement toute autre approche ou toute autre forme d’évaluation ou de soins. 

C’est ainsi qu’un enfant dyslexique peut être suivi pendant des années en psychothérapie psychanalytique, sans qu’il ne soit jamais fait le moindre bilan ni la moindre rééducation de la lecture ou de l’écriture, sous prétexte que la plupart des symptômes de ce type seraient (selon ces thérapeutes à la pensée unique), essentiellement d’origine psycho-affective, avec en ligne de mire la responsabilité et la culpabilisation des parents, comme cela est souvent le cas chez beaucoup de mes confrères.



D’autres formes de psychothérapie ont cependant apporté d’autres solutions alternatives et tout aussi efficaces aux problèmes et aux souffrances de nombreux patients, notamment l’approche des thérapies familiales systémique (Ecole de Palo Alto aux USA, puis des écoles italiennes), et enfin l’hypnose thérapeutique ericksonienne.



Concernant l’hypnose :

Certains psychanalystes, méconnaissant l’hypnose ericksonnienne, utilisent le fait que Freud a abandonné l’hypnose et a ainsi inventé la psychanalyse, pour abusivement assimiler cette forme de soin à du comportementalisme.

Rappelons que Freud a longtemps utilisé l’hypnose traditionnelle avant de mettre au point la psychanalyse, car l’hypnose pratiquée à l’époque ne donnait pas de résultats fiables à long terme. S’agissant de ce type d’hypnose, directive et dirigiste, cela n’était guère surprenant.  

Milton Erickson (un thérapeute américain tout aussi génial que Freud, qui contrairement à lui, a effectivement réussi à soigner et guérir des patients), n’avait pas encore fait connaître ses travaux de thérapeute génial, qui ont révolutionné la pratique de la psychothérapie par l’hypnose. Voir à ce sujet l’article sur Wikipédia :      http://fr.wikipedia.org/wiki/Milton_Erickson

Celle-ci est non seulement utile et très efficace pour gérer la douleur (physique), le stress, la confiance en soi (y compris des sportifs de haut niveau), mais également la plupart des phobies (que ne peut absolument pas soigner la psychanalyse), et toutes les angoisses et anxiétés liées à un traumatisme. 

Elle peut se pratiquer à tous les âges et pour de très nombreux troubles. 

Seulement, là aussi, il faut être prudent et vérifier la formation et la créativité personnelle du thérapeute. 
En effet, l’hypnose ericksonienne, comme l’EMDR, s’apprend en la pratiquant après une formation théorique et pratique de plusieurs années dans un institut agréé, et non pas par correspondance comme certain le font (y compris pour la sophrologie, qui est un dérivé de l’hypnose).



Concernant L’EMDR : 

Cela signifie : Eye Movement Desensitization and Reprocessing, cad Désensibilisation et Reconstruction par les Mouvements Oculaires.

Cette technique, découverte et élaborée depuis 1987 par Francine Shapiro, une thérapeute américaine (lire : « Des yeux pour guérir », au Seuil), est en fait très inspirée de la Programmation Neuro Linguistique (PNL) qui a donné le jour à l’ IMO, méthode de soin élaborée par Connirae et Steve Andreas en 1989, dont le livre de Danie Beaulieu : « l’ Intégration par les Mouvements Oculaires » publié aux éditions « le souffle d’or » a fait connaître en 2005 la méthode.

Jacques Servan Shreiber a fait connaître et populariser l’EMDR en France, tout en s’appropriant le concept et en le faisant breveter ! Comme si Milton Erickson avait fait breveter le mot « hypnose » et que Freud ait fait breveter le mot « psychanalyse », pour que seul lui-même ou des personnes agrées par lui puisse pratiquer et enseigner ces techniques.

C’est ainsi que la formation à l’EMDR est devenue très longue, ouverte seulement aux psychothérapeutes confirmés (psychologues ou psychiatres) pour un coût exorbitant, à faire renouveler constamment.

L’EMDR-DMS, ou Désactivation Multi Sensorielle, mise au point par Jean-François Montfort, est exactement la même technique, mais enseignée de façon beaucoup plus pragmatique et humaine.

Elle consiste à proprement parler à « désactiver » par des techniques spécifiques les souvenirs des traumatismes, en dissociant ce qui est des images, des sensations, des émotions et des pensées, pour les réassocier à des pensées positives. Et cela marche tout à fait.

Cette formation et cette technique n’est bien évidemment accessible qu’aux psychothérapeutes confirmés, afin de garantir une éthique et une pratique professionnelle, respectueuses des patients qui font confiance au thérapeute pour tenter d’aller mieux.

Le taux d’efficacité de la méthode est époustouflant et depuis l’utilisation de l’EMDR, des centaines d’études et de recherche en ont prouvé la validité.

Il faut cependant préciser que cette efficacité est surtout visible à l’égard d’un traumatisme unique et plutôt récent.

Par contre, lorsqu’il s’agit de patients ayant eu à subir en plus des violences sexuelles répétées, des maltraitances morales ou des carences affectives prolongées, cette efficacité est bcp moins évidente et le courage et la persévérance du patient sont tout aussi importants que l’expérience, la détermination et l’empathie du thérapeute.

Voilà pour l’essentiel. 


Pour ce qui est la durée des soins, lorsque nous avons à faire à un traumatisme unique, de trois à dix séances d’EMDR-DMS ou d’Hypnose Ericksonienne peuvent suffire pour soulager réellement le patient.

Lorsqu’il s’agit de traumatismes multiples et répétés, l’emploi de plusieurs techniques (entretiens en face à face, Hypnose Ericksonienne, EMDR-DMS) sont nécessaires, lors de séances hebdomadaires, et ce pendant plus d’un an.

Au-delà de trois ans de soins, sans amélioration substantielle, il faut changer de méthode, de thérapeute, ou tenter de vivre avec son malaise, malgré tout.

Quant à la psychanalyse, c’est au minimum cinq ans d’ouverture de son capital à son psy, pour un résultat parfois très discutable ….


Philippe MADESCLAIRE
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